Risques supply chain 2016 : les fluctuations des prix pétroliers, principal source de fragilité selon l’indice FM Global

Comme chaque année, le rapport annuel sur l’indice de résilience des chaînes d’approvisionnement - ou supply chain - dans 130 pays de l'assureur dommages FM Global, réalisé par Oxford Metrica, réserve son lot de bonnes et mauvaises nouvelles concernant la capacité de certains pays à résister à des chocs divers. Mais pour 2016, la chute des prix du pétrole, qui a été un des faits économiques marquants de l’année 2015 vu les secousses économiques, financières et sociales qu’elle a provoquées dans les pays producteurs trop dépendants de cette matière première où les pays trop exposés à ses fluctuations de prix, fait des ravages.

Forts reculs pour le Cameroun, le Maroc, la Colombie

Ainsi, au moins quatre pays font les frais d’une trop forte exposition aux prix l’or noir en dégringolant du classement et en y affichant parmi les plus forts reculs de cette édition : le Cameroun (qui passe de la 89e à la 103e place), le Maroc (de la 76e à la 89e), la Colombie (de la 110e à la 119e). « Ce recul s’explique notamment par la baisse de leur résilience face aux chocs pétroliers » explique FM Global dans un communiqué.

D’autres pays producteurs d’hydrocarbures ont été affectés mais affichent de moins forts reculs : l’Arabie Saoudite (qui perd 8 places pour se situer au 55e rang), l’Algérie (- 7 places à la 123e), le Qatar (-7 places au 14e rang), la Russie (- 7 place, au 75e rang), le Nigeria (- 4 places au 116e) ou encore les Emirats arabes unis (-2 places au 31e rang). Certains s’en sortent plutôt bien en ayant développé d’autres facteurs de résistance : le Kazakhstan, par exemple, qui progresse même de la 102e à la 71e place du classement.

Belles progressions pour l'Arménie et le Malawi

A l’inverse, parmi les pays qui ont bien progressé dans le classement en réduisant leur trop forte exposition aux fluctuations des cours du brut, devenant ainsi plus attractifs, l’Arménie (52e) et le Malawi (84e) enregistrent deux des plus fortes progressions avec respectivement +31 et +27 places. Cette progression est due, selon FM Global, au fait que « leur consommation de pétrole a baissé, ce qui réduit leur exposition aux fluctuations du marché pétrolier ».

Rappelons que cet indice de résilience, qui se base sur différents types de données, a vocation à aider les entreprises à cartographier les risques qui pèsent sur leurs chaînes d’approvisionnement internationales et à en optimiser la gestion. La note globale de chaque pays, qui détermine son classement final, est ainsi calculée sur la base de neuf vecteurs distincts, considérés comme les indicateurs les plus pertinents en termes de résilience des entreprises, en cas d’interruption de leur chaîne d’approvisionnement : exposition aux risques naturels ; qualité de la gestion des risques naturels ; qualité de la gestion du risque incendie ; PIB par habitant ; risque politique ; intensité pétrolière ; lutte contre la corruption ; infrastructures ; fiabilité des fournisseurs locaux. Ces neuf vecteurs sont regroupés en trois facteurs clés de résilience : économie, qualité du risque et chaîne d’approvisionnement.

Suisse, Norvège, Irlande sur le podium, la France 19e

Parmi les autres faits marquants de cet indice de résilience 2016, quelques mouvements dans le top 10 du classement.

Sur le podium, la Suisse ravit la 1ère place à la Norvège avec un score de 100. Elle est n°1 sur la composante infrastructures et 2e sur la composante fiabilité des fournisseurs locaux ; elle affiche en outre la deuxième meilleure performance mondiale sur le facteur économique, grâce à sa deuxième place sur les critères de productivité économique (PIB par habitant) et d’intensité pétrolière. La Norvège (note de 99,6) perd son leadership mondial mais reste tout de même extrêmement performante à la 2e place avec « une note particulièrement élevée en matière de lutte contre la corruption (3e place mondiale) et de productivité économique (4e place). « Ces deux pays, souligne FM Global, offrent un environnement hautement résilient aux entreprises qui souhaitent étendre leur chaîne ».

L’Irlande (98,4) a également progressé de la 4e à la 3e place.

Toujours dans ce top 10, l’Allemagne se hisse au 4e rang (+1 place), suivie du Luxembourg (5e), des Pays-Bas (6e), du centre des Etats-Unis (7e), du Canada (8e), de l’Australie (9e) et du Danemark (10e). L’Est des Etats-Unis est classé 11e et l’Ouest des Etats-Unis classé 21e. La France se situe au 19e rang, stable par rapport au classement 2015, comme l’est également la position du Royaume Uni, au 20e rang.

Pour l’Asie, à noter que si Hong Kong se classe mieux que Singapour (12e contre 23e), et est le premier pays d’Asie au classement (le troisième classé est la Malaisie, 26e), les différentes régions de la Chine continentale progressent mais se situent au 57e, 63e et 66e rang, respectivement. Pour l’Afrique et l’Océan Indien, le premier au classement est l’île Maurice (37e en 2016 soit un gain de 6 places), suivi de l’Afrique du sud au 42e rang et de la Namibie au 44e. En Amérique latine, le premier pays du classement est le Costa Rica, au 38e rang (stable), juste devant le Chili (+ 6 places, 39e) et l’Uruguay (46e, qui régresse, lui de 5 places).

Christine Gilguy

www.lemoci.com

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