Conférence Logistique humanitaire Une Supply Chain œuvrant pour un monde meilleur ?

Vendredi 20 mai, une centaine de personnes a participé à la demi-journée « Logistique, clé de voûte des opérations humanitaires », montée par MGCM avec le concours de Supply Chain Magazine. En préambule la présidente de l'institut de formation, Anandi Roy, a souligné l'ampleur des défis à l'échelle de la planète et le rôle-clé de la Supply Chain pour y faire face. En faisant sienne la formule « Supply Chain as a force for good », tirée d'une récente thématique APICS. Le PDG de l'organisme international de certification professionnelle avait d'ailleurs fait le déplacement : une première française pour Abe Eshkenazi, venu affirmer sa confiance dans la capacité des professionnels de la Supply Chain à agir sur le monde, voire à le changer.
Plus globalement, sa présentation les invitait à dépasser le stade de l'expertise technique et à développer des qualités de leadership en misant sur leur vision transverse des enjeux.

Logistique humanitaire (suite)
Les bonnes volontés deviennent professionnelle

Montée en compétence, formation, professionnalisation : ces questions se sont retrouvées dans tous les témoignages, suscitant l'intérêt d'un auditoire qui mêlait jeunes en début de carrière, et moins jeunes souhaitant prolonger la leur. Marie-Annick Vallegeas a par exemple témoigné de l'itinéraire qui l'a porté à la direction logistique de l'ONG Action Santé Femmes, après presque 30 ans à l'intendance du CHU de Nantes. Reste que dans bien des cas, le sujet passe aux mains de professionnels. « C'est une Supply Chain Manager aguerrie que nous avons recrutée à l'automne dernier, pour relever les défis liés à notre forte croissance », a expliqué Stéphanie Goujon, la Déléguée Générale de l'Agence du Don en Nature. Laquelle mise aussi sur le transfert de compétences logistiques vers ses associations partenaires et certains fournisseurs. Il faut dire que le secteur de l'humanitaire ne peut compter que sur un seul organisme de formation dédié à ses métiers (dont la logistique humanitaire) : l'Institut Bioforce, à Vénissieux, dont la majorité de l'assistance a découvert l'existence bien que sa création remonte à 1983.

Logistique humanitaire (fin)
Un enjeu de qualité sur la scène internationale

La Supply Chain de certains grands acteurs de l'humanitaire n'a pas grand-chose à envier aux multinationales. « Médecins Sans Frontières veille depuis toujours à son indépendance, pour la collecte de ses ressources comme pour sa logistique, qui mobilise plus de 2000 personnes dans le monde et occasionne 150 à 200 millions d'euros de dépenses par an », a indiqué William Vannier, Directeur Supply Chain de la section bruxelloise de MSF. Le tout permet de faire face à une large palette de contextes humanitaires, des programmes de santé de longue haleine aux interventions d'urgence sur fond d'épidémie ou de guerre civile. Avec en tête des priorités la qualité des produits livrés sur le terrain, parmi plus de 10.000 codes-articles. Une priorité que partage le géant pharmaceutique Sanofi, pour la fourniture de ses médicaments partout dans le monde, comme pour certains programmes plus directement humanitaires. Tel celui destiné à éradiquer la maladie du sommeil, piloté par le docteur Robert Sebbag, patron de la structure Accès au Médicament et VP du Groupe. « Pour soigner ces populations particulièrement isolées en Afrique, les enjeux de santé et de Supply Chain sont étroitement imbriqués, l'évolution du traitement pouvant changer du tout au tout les contraintes logistiques ».

source supplychainmagazine.fr

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